La République tchèque pourrait faire évoluer sa loi sur le CBD et le cannabis
Le 9 juin 2026, en République tchèque, un groupe de travail gouvernemental chargé des substances psychoactives a présenté un ensemble de recommandations visant à modifier en profondeur la réglementation du chanvre industriel. Plus concrètement, le gouvernement envisage de réduire le seuil autorisé de THC dans un produit CBD, de 1 à 0,3 %.
Focus sur ce projet de loi tchèque
Le projet de loi, qui a été préparé sous l’égide des autorités tchèques et du mouvement ANO du Premier ministre Andrej Babiš, propose :
- La réduction du seuil de THC autorisé dans un produit CBD ou chanvre, de 1 à 0,3 %.
- De restreindre certains procédés d’extraction.
- Interdire certains produits alimentaires, notamment ceux contenant du CBD?
Ces trois pistes ont été formellement évoquées dans le rapport qui a été transmis aux ministères concernés.
Mais pourquoi, alors que la Tchéquie est souvent citée parmi les pays les plus avant-gardistes en la matière, un tel recul est envisagé ?
Il apparaît qu’en fait, les autorités ont exprimé de vives préoccupations liées aux dérivés synthétiques du chanvre, dont le HHC (hexahydrocannabinol).
La Tchéquie, un pays en avance sur les questions du CBD et du cannabis
La République tchèque s’est distinguée au sein d’une Union européenne plutôt conservatrice sur les enjeux associés au CBD et au cannabis, en offrant l’un des cadres les plus permissifs du Vieux Continent.
Dans l’ordre, Prague autorisé un seuil de THC plus élevé que la moyenne et des possibilités encadrées de culture et de possession. Ou tout du moins, autorisait, car les choses sont sur le point de changer.
Les nouvelles orientations marquent un infléchissement, porté par une approche plus axée sur la sécurité publique et la lutte contre les substances psychoactives émergentes. Les autorités évoquent notamment des difficultés de contrôle et un encadrement jugé insuffisant.
Un durcissement motivé par les dérivés intoxicants
Ce débat a en fait été ouvert, après que de nombreuses discussions eurent lieu autour du HHC (hexahydrocannabinol). Il s’agit d’une cannabinoïde synthétique, dérivé du chanvre et dont les effets à moyen voire à long terme sur le corps et l’esprit sont méconnus et donc, potentiellement dangereux.
En outre, le HHC aurait une action sensiblement similaire au THC. Une action enivrante, que certains jugent même encore plus puissante.
De fait, les autorités tchèques estiment que ce type de substance a contribué à des usages détournés du cadre légal existant. Rappelons qu’à l’échelle internationale, le HHC a été classé substance contrôlée par la Commission des stupéfiants de l’ONU en 2025.
Craintes pour la filière du chanvre
C’est dans ce contexte que plusieurs organisations professionnelles du secteur du chanvre ont exprimé leurs inquiétudes. Celles-ci estiment que les modifications qui sont envisagées pourraient fragiliser l’ensemble de la filière. L’incertitude réglementaire n’est jamais bonne pour les affaires, de fait, les entreprises investissent moins et le marché ne se développe pas énormément.
Sur le plan juridique, les propositions tchèques interviennent dans un environnement européen déjà encadré par la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Si le CBD est autorisé, le THC reste encadré et les néo-cannabinoïdes sont interdits… Mais chaque pays est libre de prendre ses propres décisions.
En France, par exemple, la décision a récemment été prise d’interdire à la vente, les produits alimentaires riches en CBD. Une décision qui a surpris de par la rapidité avec laquelle elle a été prise et appliquée; La République tchèque suit-elle le même chemin ? Quid du statut de “précurseur” du pays ?
