Pendant des décennies, la consommation de cannabis a été associée à une baisse de la testostérone.
Pourtant, une étude publiée en mai 2026 par l’Université de Genève (UNIGE), menée auprès de 94 jeunes conscrits suisses âgés de 18 à 23 ans, inverse ce postulat.
Les consommateurs réguliers affichaient un taux de testostérone environ 23 % plus élevé que les non-consommateurs. Un résultat qui interpelle autant qu’il nuance, et qui pose une question centrale… Qu’en est-il réellement de l’impact des cannabinoïdes sur les hormones masculines ?
La testostérone, une hormone clé mal comprise
La testostérone est souvent réduite à sa dimension sexuelle, mais son rôle est bien plus large. Elle est essentielle à :
- la masse musculaire,
- l’énergie,
- la libido,
- la vitalité masculine.
Produite principalement par les testicules, son rôle est de réguler l’humeur, mais aussi la densité osseuse et d’autres processus chimiques naturels.
Pour preuve, une diminution des niveaux de testostérone chez l’homme peut entraîner une fatigue chronique, une perte musculaire ainsi qu’une chute de la libido.
Longtemps, le cannabis a été perçu comme étant facteur de cela.
Pourquoi les consommateurs de cannabis s’interrogent sur leurs hormones.
Depuis plusieurs décennies, les effets du cannabis sur les hormones masculines font l’objet de débats, aucune étude n’ayant vraiment réussi à trancher sur l’impact de sa prise sur la testostérone.
Des études pré-cliniques ont démontré que le principal composé psychoactif du cannabis, le THC, peut interagir avec le système endocannabinoïde, dont les récepteurs CB1 et CB2 notamment sont présents à la fois dans le cerveau et dans les testicules.
Plus spécifiquement, on peut dire qu’il existe un lien, une relation entre cette plante et la testostérone produite. Mais dans quelle mesure ? Une étude suisse nous le révèle plus en détail.
Il existe donc un rationnel biologique réel à cette interaction. Le problème, jusqu’à récemment, était que les données disponibles restaient contradictoires et difficiles à interpréter.
Ce que révèle l’étude UNIGE 2026 sur la relation cannabis – testostérone
Une étude réalisée par des chercheurs suisses, en 2026, tend à démontrer que la consommation de cannabis augmenterait les taux de testostérone. D’après les résultats de cette étude, les sujets consommateurs de cannabis affichaient une hausse d’environ 23 % par rapport aux non-consommateurs.
THC, androgènes et récepteurs testiculaires
Cette hausse ne concerne toutefois pas l’ensemble des androgènes (hormone sexuelle masculine, dont la testostérone est le principal représentant, qui stimule le développement et le maintien des caractéristiques masculines).
Ainsi, les taux d’androgènes dérivés des glandes surrénales, appelés C11-oxy-androgènes, restent inchangés. Le cannabis n’aurait donc une influence que partielle sur la production hormonale de ce type.
Deux hypothèses permettent de l’expliquer. Soit le cannabis stimule directement la synthèse testiculaire de testostérone, soit les hommes naturellement dotés d’un taux plus élevé seraient davantage enclins à prendre des risques, et donc à consommer du cannabis.
CBD et THC : deux cannabinoïdes, deux effets distincts sur les hormones
Il est essentiel de distinguer le CBD du THC. Le CBD, pour cannabidiol, est une molécule non-psychotrope. Elle joue un rôle important dans la régulation des hormones en modérant les effets du cortisol (l’hormone du stress) qui pourrait autrement avoir un impact négatif sur la testostérone. Son action serait donc indirecte.
En effet, en aidant à réduire les niveaux de stress, le CBD favorise le développement d’un environnement plus détendu et donc, favorable à la production d’androgènes, dont la testostérone.
C’est en tout cas le parti pris de pas mal de chercheurs… Car en réalité, il n’existe que peu d’études sur la relation entre CBD et testostérone. Certaines voix continuent par ailleurs d’affirmer l’inverse. Il faudra donc des études plus poussées et à plus large échelle pour comprendre les mécanismes réels de l’action du CBD (et non pas du cannabis) sur ces hormones.
Un taux de testostérone élevée ne signifie pas meilleure fertilité
Attention aussi à ne pas extrapoler les résultats de cette étude. En effet, si le taux de testostérone est plus élevé chez les personnes consommant du cannabis, cela ne signifie en rien que leur fertilité est “meilleure”. Certaines études suggèrent que le cannabis pourrait réduire le nombre, la concentration et la mobilité des spermatozoïdes. Résultat, la procréation n’est pas pour autant simplifiée.
Enfin, les effets positifs récemment observés sur les hormones disparaissent dans les cas où la consommation devient excessive. La posologie et la fréquence de consommation jouent un rôle déterminant.
Il convient donc d’opter pour une approche modérée et occasionnelle pour éventuellement bénéficier des avantages supposés de certaines des molécules de la plante de cannabis (anti-douleurs, boost de testostérone), sans subir les effets indésirables lourds (sensation de high, dépendance etc).
En conclusion sur cette étude genevoise
L’étude de l’UNIGE est une étape importante dans la compréhension des effets du cannabis sur les hormones masculines. Elle invalide en partie les idées reçues concernant une baisse systématique de la testostérone, mais elle n’autorise pas pour autant un optimisme sans nuance.
Pour les consommateurs de CBD en particulier, les données actuelles sont rassurantes. Aucun effet négatif direct sur la testostérone n’a été démontré. La consommation de cette molécule n’aurait donc aucun impact sur la santé reproductive.
Comme toujours avec le cannabis et le cannabidiol cependant, il convient de nuancer et rappeler que de plus amples études sont nécessaires !
